Comment est venue l’idée…

Toujours passionné par les voyages, l’édition, le monde des cartes depuis tout jeune, je propose désormais une des plus belles cartes pour une dizaine de pays.

Tout cela a nécessité des connaissances et des aptitudes en informatique, mais je n’ai jamais voulu faire de l’informatique pour faire de l’informatique. Me confronter au monde réel, et donc au territoire, a été pour moi une nécessité. Ainsi n’ai-je jamais envisagé de faire des études de programmation, hors des quelques tentatives en autodidacte. Pourtant, ces nécessités de « mettre les mains dans le cambouis » se sont rapidement imposées pour passer d’une carte en local sur Qgis avec quelques exports image en jpeg, à une carte accessible à tous sur Internet. Aujourd’hui, c’est comme si le plus dur est derrière moi, malgré les difficultés qui demeurent dans la programmation.

Comme dirait Eddy Mitchell, des cartes couleur menthe à l’eau…

Lors de mon précédent emploi j’ai été encouragé par mon employeur qui appréciait la beauté de mes cartes à la « couleur menthe à l’eau ». C’est en fait, ce qui était attendu d’un rendu de travail sur Illustrator avec le plug-in MaPublisher : puissance graphique alliée à compatibilité SIG. Mais je disais que j’étais doué et passionné par la cartographie, mes cartes n’en demeuraient que confidentielles car elles n’étaient pas éditées et imprimées et surtout pas diffusées en ligne, ce qui était impossible au vu de mes connaissances d’alors. Alors au printemps et lors du confinement j’ai commencé à vouloir créer des choses. J’ai peut-être été inspiré par les nombreuses cartes qui fleurissaient en ligne pour pouvoir calculer son périmètre de déplacement à 1, 10 et 100 kilomètres. Même si cela rappelle une époque de privation de liberté, je me suis demandé si je n’étais pas capable, moi aussi, de créer ce service. Mais la route, jusque là, était bien longue…

Au calme pour étudier…

Au détour du premier confinement, en avril 2020 et alors que beaucoup de personnes ont profité de celui-ci pour revoir ses compétences, j’ai commencé à monter des choses à partir des connaissances et des données d’OpenData que j’avais. J’avais, au fil des années, amassé les données SIG libres de droit pour des travaux ponctuels et je me lançais, sur mon ordinateur, dans le dessin d’une carte globale de la France et de l’Italie consultable sur mon ordinateur QGIS en utilisant toutes mes ressources. Je me rendais compte que l’ordinateur n’était pas si ralenti que ça, si j’utilisais à bon escient la fonction de masquage et d’affichage des données suivant l’échelle. La base de données devenait grande, et j’en étais fier : je maîtrisais de plus en plus QGIS, je découvrais toutes les possibilités.

Une carte crée sur mon ordinateur seulement, pour toute la France et l’Italie, pendant le confinement du printemps 2020.

J’étais aussi confronté à des bugs, et je me suis dit : pourquoi devrais-je me décarcasser à réparer chacun de ces bugs d’accès si personne ne peut profiter de ce travail ? J’ai donc voulu créer ma carte en ligne et j’ai fait mes premières recherches. Je me suis intéressé à Qfield mais j’étais bloqué par le stockage des données. Les données dont j’avais besoin n’étaient pas accessibles en ligne par requête de magasin WFS, ce qui aurait été nécessaire. J’ai réfléchi a comment imprimer les cartes pour les rendre disponibles à des touristes. J’ai donc mené deux types de recherches : comment imprimer les cartes réalisées, et comment les rendre disponibles en ligne. J’ai commencé par apprendre un schéma de base de la cartographie en ligne open-source.

Le schéma de base d’une carte sur Internet avec des outils opensource.

Dans ce schéma, une carte en ligne Leaflet ou OpenLayers se nourrit de cartes Geoserver qui puisent dans des bases de données PostGIS qui sont alimentées par Qgis. J’ai eu beaucoup de mal a assimiler ce schéma qui est ma base de fonctionnement aujourd’hui. Cela m’a obligé à acquérir des compétences en serveur et Linux. Leaflet est une interface client qui transmet des requêtes à Geoserver qui est un serveur intermédiaire et middleware. J’ai donc voulu ingurgiter des livres sur le sujet, et j’ai voulu immédiatement me lancer. J’ai tenté d’installer Geoserver et Postgis sur n’importe quel serveur jusqu’à me rendre compte que n’importe quel site Web ne pouvait pas les héberger. Il me fallait un VPS, c’est à dire un véritable ordinateur distant qui me donne la possibilité de mettre une extension Postgis à une base de données Postgresql et c’est très rare. Il fallait aussi la possibilité d’installer Geoserver. Donc, a minima, c’est un VPS qu’il fallait.

Quand ça veut pas, ça veut pas…

Cependant, je me suis heurté à un mur car à cause de mes connaissances inexistantes en Linux et Postgresql j’ai été incapable malgré de nombreuses tentatives de faire fonctionner une base de données Postgresql. J’étais en effet autodidacte. J’ai abandonné pendant plusieurs mois, le confinement s’étant arrêté, puis a repris. J’ai diffusé en ligne une simple carte d’un périmètre de confinement autour de Paris, qui montre les espaces verts dans celui-ci, mais ce n’était qu’une carte statique. Il me manquait bien quelque chose. Alors en janvier suivant, j’ai retenté par plusieurs méthodes à faire fonctionner ce système de carte en ligne, et en me mettant à y travailler dans une bibliothèque universitaire. Et a force d’acharnement, en janvier 2021, le système s’est mis à fonctionner tout doucement.

La bibliothèque où je m’y suis mis sérieusement, fermée depuis.

Le bug qui m’avait empêché d’avancer était auparavant : pour qu’un code de paramètres de la base de données soit fonctionnel sous Linux, il faut l’activer (« uncomment »). Et cela, en tant qu’autodidacte, je ne le savais pas. C’est en créant une session virtuelle graphique d’ordinateur sur ce serveur et avec QGIS, que j’ai insisté pour faire fonctionner la chose et j’ai pu commencer à expérimenter les bases de données Postgresql et Postgis !

Occupation du sol + autoroutes. Ca marche !

Un nouveau blocage pour autoriser tous les ordinateurs du monde a consulter mes cartes a été résolu en mars grâce à l’intervention d’un informaticien qui recherchait des petits boulots pour boucler son mois, et à qui j’ai écrit. Désormais, je pouvais me lancer et explorer Geoserver et Leaflet de fond en comble depuis donc un an jusqu’au résultat actuel !

En ce mois de mars 2021, un nouveau confinement a eu lieu. J’ai donc, à ce moment, réussi à proposer mon propre service de carte de confinement, atteignant mon record de personnes touchées (10.000 vues sur Facebook). Le but de cette carte était d’afficher les espaces verts dans un rayon de 10 km. C’était, pour commencer avec la difficulté technique, un simple cercle à déplacer, mais ça fonctionnait.

J’ai voulu que d’ici l’été, j’aie une carte de qualité a présenter aux touristes, pour la France. Et puis, j’ai crée de nouveaux endroits : les Antilles et la Guyane, et la Réunion et Mayotte, en plus de la métropole… Une carte plus précise de la région parisienne… et au cours de l’été, le Royaume-Uni et l’Irlande, dont je rêvais un peu, et puis l’Italie, autre pays auquel je suis depuis longtemps attaché.

Enfin, quoi de mieux que de partir à un endroit en vacances, pour mieux tester et améliorer ses cartes ? Fin août, je suis parti en voyages avec mes propres cartes ainsi qu’une belle carte IGN du coin. Je suis allé dans le Beaufortain, en Savoie, tester mon système. Directement sur mon lieu de vacances, avec mon ordinateur, j’ai ajouté les éléments qui me manquaient. Je travaillais le soir et la nuit sur mon site, et le lendemain matin je partais en balade avec mon système. Un matin, avant de partir en randonnée, j’ai ajouté une boussole sur mon site, pour voir où se situait le nord. Afin d’être plus ouvert au monde, c’est à ce moment aussi que j’ai réservé mon nouveau nom de domaine mappingforyou.eu, avec le .eu pour le diffuser à l’Europe. J’avais en effet, l’envie de le tester en Italie, toute proche, où j’ai finalement réussi à entrer un peu, plus tard.

Lors de ma deuxième partie de voyage, sur la Côte d’Azur, j’ai souhaité obtenir les bus pour me déplacer. Il m’a fallu seulement une heure, dans le TER entre Marseille et Hyères, pour ajouter ces éléments sur la carte, malgré le faible réseau, et que ce soit disponible à être utilisé. Et enfin, c’est avec plaisir que j’ai voulu tester ma carte, avec géolocalisation, dans un pays étranger, en Italie donc et malgré les problèmes de réseau lors d’un passage d’un pays à un autre.

Lors de mes vacances suivantes, en Bretagne, j’ai encore voulu ajouter ce qu’il me manquait, avec les ferries et les noms des îles ! Je me sers donc de mes vacances pour tester et améliorer mon système…

Une comparaison avec aujourd’hui.

Et puis, j’ai ajouté de nombreux pays, même avant de les visiter, aussi pour rêver au voyage. Je me dis qu’une carte suffisamment mûre est une carte que j’utiliserais moi-même sans avoir besoin d’autres sites, alors je pourrais la conseiller à d’autres. Et j’ai décidé que mon service était là pour durer, de sa propre vie, qu’il avait vocation a rester et qu’il trouvera son public.

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