Vivre avec des écrans papier : adieu et merci Yotaphone, bonjour Onyx Book Mira

Après la fin de mon téléphone à double écran dont une liseuse, Yota 3, je viens de commander un écran secondaire e-reader Mira d’Onyx Book, en le faisant importer du Royaume-Uni pour un prix raisonnable, défiant le reste de la concurrence.

Dans un monde d’écrans, nous avons toutes et tous les yeux sur des lumières, qui peuvent abîmer nos yeux, à la longue, et nous fatiguent le soir. Une grande partie des habitants de la planète utilisent un ordinateur et désormais sans doute encore plus, un smartphone. L’usage d’Internet et de l’informatique fait partie de la vie de beaucoup d’entre nous, avec des défauts voire même ses addictions, mais à défaut de moins utiliser cette ressource, qui reste indispensable, un écran « e-ink », « e-reader » ou « de liseuse » est un élément à tester pour tenter de protéger ses yeux.

J’attends donc de recevoir, tester et me servir de cet écran qui promet de se connecter à des ordinateurs sous Windows et Mac (même si je m’étais mis depuis peu sur Ubuntu…) et même des téléphones : une petite liste d’appareils compatibles est disponible sur le site d’Onyx. Après avoir regardé cette vidéo, un maigre espoir existe que plus de téléphones soient compatibles.

Je pourrai sans doute me rendre compte d’un effet du Brexit avec l’arrivée éventuelle d’une note de frais du transporteur qui me dira qu’il s’est acquitté pour moi de droits de douane, et qu’il me fait payer d’office une commission lourde. C’est ce qui m’est arrivé en important un autre matériel des États-Unis, mais pas de la Chine, par exemple.

J’ai eu de nombreuses hésitations. Je me suis dit que je voulais encore un téléphone avec un écran de liseuse, comme j’avais eu le Yotaphone 2 et le Yota 3 ; mais j’étais très intéressé par un écran d’ordinateur de ce type pour tenter le travail d’une nouvelle façon. Le nouveau téléphone Hisense A7 CC affiche même quelques couleurs, mais il n’a pas le magasin d’applications Google Play. Les Yotaphone étaient très décevants pour la photo, et ne proposaient pas les fichiers négatifs photographiques (RAW) pour un développement professionnel. Et les écrans pour ordinateur, assez chers. Que faire, alors ?

C’est alors qu’après avoir vu le modèle de Dasung et m’en être ponctuellement intéressé, je suis tombé sur ce nouveau modèle, Onyx Book Mira, de 2021, qui peut être couplé à un smartphone. Il est un peu moins cher : je le trouve entre 800 et 1000 euros. Et c’est là que je trouve une offre imperdable sur celui-ci, que j’achète de suite. Non comme un gadget, mais parce que je compte sur lui pour me protéger les yeux. Donc, j’aurai peut-être la possibilité de l’utiliser au rythme que je veux comme avant pour le portable, ou sinon sur ordinateur… Et éventuellement au travail si cela est accepté des employeurs.

13 pouces est un bon début car Onyx et Dasung ont des écrans plus grands (25 pouces), même s’ils sont plus chers.

Il m’a semblé lire que les écrans de liseuse connaissent des détériorations, à la longue. Mais, d’usage, en 3 ans, je n’ai noté aucune détérioration de l’écran de mon Yota 3, et en 2 ans, quasiment aucune sur mon Yotaphone 2 où il semble qu’une ligne était visible.

J’avais décidé de prendre un Yotaphone en 2015 en vacances en Vendée alors que je tentais avec difficultés de me balader sans smartphone. J’étais séduit par le Yotaphone 2 et son écran noir et blanc. Je n’avais pas encore de smartphone et je ne voulais pas un téléphone normal, comme les autres. Celui-ci avait des applications sur widgets et aussi la possibilité d’utiliser l’écran de liseuse pour toutes les applications. Yotaphone était une compagnie russe, Yota signifiant la lettre y.

Mais je n’avais pas réussi à saisir une offre, donc comme il me fallait absolument un smartphone, je me suis rabattu sur un Asus classique.

Cependant j’ai réussi l’achat l’année suivant en 2016. Le fait que j’ai un tel téléphone m’attirait la curiosité de quelques personnes, croisées dans les trains par exemple, et qui étaient aussi intéressés par l’appareil. Je pouvais personnaliser l’écran secondaire avec des widgets intéressants et amusants. Je n’étais pas encore trop handicapé par la relative petite taille de l’écran.

La superbe version à bordure blanche. Que je n’ai pas eu, même si il reste le choix de la couleur pour l’écran proprement dit.

Mais patatras, l’écran normal s’est fissuré un mois après l’achat en étant tombé sur le trottoir. Il était extrêmement fragile. Quelques mois plus tard, cet écran ne marchait définitivement plus. Mais l’écran de liseuse fonctionne encore ! Avec quelques bidouillages, j’ai pu me passer de l’écran normal, même si je ne pouvais plus utiliser l’appareil en pleine nuit car il n’y avait plus de lumière.

Après avoir navigué encore plusieurs années entre ce Yotaphone 2, dont j’avais en outre cassé la partie recharge mais acheté un chargeur à induction qui fonctionne plus mal que bien, et un autre smartphone sans écran de liseuse choisi par dépit, j’ai profité d’une promotion et acheté fin 2018 la version 3 dénommé Yota 3 après son rachat par la Chine. Il m’est arrivé dans un paquetage plutôt luxueux et avec des écrans particulièrement grands, et après trois ans d’usage une tenue à la charge particulièrement longue.

Cependant, l’écran de widgets sympa de la version 2 avait disparu, et je n’avais plus accès qu’a des applications de widgets en chinois sur cet écran de liseuse. C’était la version pour le marché chinois, mais rapidement, après bidouillage j’ai pu remplacer ces applications par des liens vers mes applications personnelles, j’ai pu installer Google Play, j’ai pu installer un lien permettant l’usage de l’écran de liseuse pour utiliser Android normalement dessus, même s’il buggait, s’éteignait toutes les 5 minutes.

Je pouvais donc utiliser cet écran de liseuse même si son usage était décevant en comparaison du Yotaphone 2. Aussi, j’ai jugé que je ne pouvais pas le transformer en version internationale (Yota3+) en raison du risque de plantage définitif de l’appareil. Et pire encore, la compagnie Yota a malheureusement fait faillite en avril 2019, 4 mois après mon achat. Du jour au lendemain, plus de mises à jour, certaines applications ont cessé de fonctionné, certaines n’ont jamais fonctionné, certaines fonctionnaient mal et plantaient sous certains usages (pas de Wifi sur Whatsapp et pas de notifications de nouveaux messages). En outre, et c’est peut-être problématique, aucune information sur l’exposition aux ondes électromagnétiques n’était fournie, et n’est disponible sur Internet. Suite à la faillite de Yota, tous les développeurs et les fans ont totalement déserté. Il ne semblait plus qu’il y ait personne a utiliser un Yota 3.

Mais je l’ai gardé 3 ans. L’écran normal, contrairement à celui du Yotaphone 2 fragile comme du cristal, a remarquablement encaissé tous les chocs sur le sol, aussi grâce à sa protection fournie, jusqu’à ce que je le fasse tomber sans sa protection et qu’il ait ses premières fissures jusqu’à ce qu’il ne fonctionne plus du tout aujourd’hui : il ne s’allume plus.

Exemple d’utilisation, avec une application de lecture.

Une application que j’appréciait particulièrement était Moon+ reader, qui fait défiler les livres comme des articles et non pas page par page (tourner des pages virtuelles me déconcentre). Et j’apprécie aussi le fait de choisir ma propre typographie (ou police de caractères).

En résumé ces matériels avec écrans de liseuse sont des appareils que j’apprécie énormément pour le confort des yeux et pour l’innovation qu’ils représentent. J’espère que de plus en plus de sociétés en créeront. Je sais que c’est d’ailleurs recherché pour les programmateurs qui tapent du code toute la journée, ce que je fais à une moindre mesure. L’autre avantage est que l’écran reste lisible à la lumière du soleil. Plus il y a de soleil, plus l’écran est lisible… le contraire de tout autre appareil. Enfin, cet écran est censé moins consommer d’énergie.

J’attends donc beaucoup de l’écran quand je le recevrais, et je pourrais choisir un smartphone sans écran de liseuse cette fois-ci, car ils deviennent rares, voire même disparaissent, et de toute manière n’ont pas d’appareil photo convaincants pour l’autre usage que je veux en faire…

Onyx Book Mira : un usage attirant…
Encore mieux en grand, mais plus cher. La question qui se pose alors : est-ce un matériel qui dure longtemps ?

Ainsi, plus qu’un gadget de geek, un écran de liseuse est peut-être la possibilité de tenter de s’affranchir des écrans normaux à lumière, quitte à perdre en qualité d’image si on considère que le jeu en vaut la chandelle. Ces écrans ne serviront pas, bien sûr, dans le jeu, les domaines graphiques comme le traitement photo ou la publication assistée par ordinateur… Mais ils intéresseront tous ceux qui utilisent longtemps les écrans. Il n’y a plus qu’a attendre et espérer de nouveaux successeurs à Yota et notamment dans la nouvelle innovation que constitue la couleur, comme le fait Hisense en Chine.

Hisense A7 CC : de la couleur pour un écran de liseuse sans lumière.

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